DSC_6133Livrée au tout début de cette année 2016, la nouvelle halle de tennis couverts de Grenoble s’impose comme le plus grand ouvrage du genre en France. Certains parlent aussi “du plus beau”… du monde. Cet ouvrage se distingue en effet par une architecture ambitieuse, aérienne et lumineuse, concrétisée avec le bois lamellé. Véronique Klimine, architecte r2k maître d’œuvre sur ce projet, nous explique.

Crédit photos : Sandrine Rivière

 

 

image_illustrationActuFull-5Pouvez-vous nous éclairer sur le projet de départ et les attentes de la maîtrise d’ouvrage ?
Les courts de tennis couverts de la ville de Grenoble avaient été construits dans les 1970. Le bâtiment était désuet, peu confortable et sous-dimensionné par rapport aux besoins. Un concours d’architecture a donc été lancé dès 2006 pour envisager un nouvel espace, comprenant 12 courts de tennis, un clubhouse, un restaurant, mais aussi des bureaux et un centre d’entrainement. Un des souhaits exprimés était de créer un lien avec les courts extérieurs. La maîtrise d’ouvrage était par ailleurs attentive quant aux performances environnementales du projet.

Comment décririez-vous la réponse que r2k a proposée ?
C’est avant tout un bâtiment bois, ce qui, pour nous, est une évidence : r2k travaille toujours les bâtiments sportifs avec le bois, à la fois pour l’esthétique, et également pour l’utilisation de ressources naturelles. Le bois assure un bilan environnemental raisonné, une qualité de confort spécifique et permet une architecture contemporaine et innovante. Ce bâtiment est une “réactualisation” du bâtiment sportif typique en bois lamellé, car il repose sur le principe de voutes, très utilisé dans les années 80 sur ce type d’ouvrages. Il est très ouvert sur l’extérieur, tant sur le plan zénithal (pour les apports en lumière naturelle), qu’en façade (avec des percées visuelles à l’étage permettant le lien avec les courts extérieurs et une vue extraordinaire sur la vallée).

Pourquoi les voutes ?
Parce que le tennis est un des rares bâtiments sportifs (avec les piscines) où une hauteur fixe n’est pas imposée. Il était ainsi possible de concevoir des courbes. Le bois lamellé nous a donc servi à identifier chaque travée, avec 3 voutes en continu. La courbure de la charpente est ici adaptée au gabarit de longueur et hauteur de chaque terrain de tennis. Il faut également souligner que ce choix structurel nous a permis d’éviter les poteaux intermédiaires sur une trame de 18 mètres. Pour entrer dans le détail : des poutres droites viennent suivre la courbure de la poutre centrale, au-dessus une triangulation vient soutenir les pannes, tantôt couvertes par du polycarbonate, tantôt par des lames de peuplier.

Esthétique, ambiance, confort… des plus-value du bois ?
L’ambiance y est douce et largement déterminée par la présence du bois, laissé visible. Ces tennis bénéficient également d’un éclairage naturel important : la grande voute en bois lamellé a permis d’alterner transparence (avec une couverture en polycarbonate) et opacité (avec des bandes pleines et une couverture en bois). Le résultat est une lumière diffuse et agréable, sans problème d’éblouissement. Cet apport solaire est également bénéfique au confort thermique car les apports passifs sont tels que, cumulés à une très bonne isolation -relativement rare sur ce type de réalisation – une température de confort est maintenue sans recourt à un système de chauffage conventionnel. Entre les courts, les travées de stabilisation ont été l’occasion de créer des galeries de circulation.

 

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Une réalisation de r2k , architectes de conception, Roda architecte chantier – Maîtrise d’ouvrage : Ville de Grenoble – Constructeur : SDCC – BET Bois : Jacques ANGLADE – BET acoustique : ACOUSTB – BET Fluides : CET – BET HQE : INDDIGO

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