Un lieu de vie soigneusement pensé, qui instaure une continuité urbaine entre Paris et Vanves
La reconquête d’espaces liée à l’évolution du périphérique en boulevard urbain figure parmi les enjeux de la ville de Paris. Précurseur, le travail effectué porte Brancion montre qu’il est possible d’élaborer, à travers une organisation spatiale et une architecture soigneusement pensées, une forme d’intériorité qui apporte du confort aux résidents des bâtiments créés tout en aménageant un espace public de qualité, praticable et apaisé. Menée selon les préconisations d’une étude d’impacts sanitaires et avec des exigences supérieures à celles en vigueur (notamment au niveau de la mesure des niveaux de NOx2), la conception des 2 résidences a été traitée avec méticulosité, permettant à leurs 214 logements de tous atteindre le DPE A. Hosta, construite en surplomb du tablier du périphérique, s’appuie notamment sur :
• Des façades à ossature bois à double peau vitrée (équipées de protections solaires automatiques pour le confort d’été). Elles forment une barrière thermique et acoustique protectrice, tout en offrant un espace extérieur privatif sous forme de « jardin d’hiver » attenant à chacune des chambres, qui sont toutes situées en façades nord, sud et est.
• Une implantation adaptée à son environnement : aucun logement n’est orienté directement sur le périphérique. Transparente et sans ouvrants, l’unique façade donnant sur celui-ci, à l’ouest, est occupée par des espaces communs d’un peu plus de 2 m de profondeur, derrière une double peau d’environ 80 cm de large. Pour favoriser la vie collective et le lien social, la résidence offre de généreux espaces de détente et de convivialité, que l’on retrouve également dans la résidence étudiante Funkia, avec des salons, des salles de sport, de gaming, de méditation…
• Une attention particulière portée à la gestion de la qualité de l’air, à travers une ventilation double flux équipée d’un système de filtration à haute performance, qui permet de garantir le renouvellement continu de l’air et de ne pas exposer les résidents à la pollution. Certifiés A+, l’ensemble des matériaux des espaces de vie répond également aux exigences de la démarche ECRAINS® initiée par l’ADEME, qui promeut une approche préventive de la santé dans le bâtiment et vise à limiter les émissions de polluants à la source afin de pérenniser la qualité des ambiances intérieures.
La façade de la résidence Hosta est à comprendre comme une épaisseur. À l’opposé de la notion classique “enveloppe + espace intérieur”, cette épaisseur protectrice prend la forme d’un jardin d’hiver dans les chambres et d’une double-peau vitrée dans les salons communs. Elle assure la transition entre un environnement encore difficile et l’intériorité confortable et saine des logements.
Cyrille Le Bihan, hardel le bihan architectes
La forme simple du bâtiment-pont Hosta exprime un franchissement discret et apaisé du boulevard périphérique, pour ne pas ajouter à l’emphase de l’infrastructure. Son orthogonalité se prête parfaitement à une construction rationnelle en bois CLT.
Mathurin Hardel, hardel le bihan architectes
Hosta a pu voir le jour sans renfort de la structure existante grâce à la légèreté du matériau bois, qui a permis de diviser par 2 le poids du bâtiment. Et ainsi de réaliser 7 étages, là où une construction classique aurait dû s’arrêter à 4.
bastien bouteloup, directeur ingénierie & R&d woodeum

La structure d’enjambement en bois lamellé de la résidence Hosta
Des enjeux structuraux auxquels seul le bois pouvait répondre et un chantier hors normes
R+7, la résidence Hosta s’appuie sur une structure bois conjuguant portiques, poteaux et poutres en bois lamellé collé, planchers en CLT et façades à ossature bois. Cet ensemble constructif, qui allie robustesse et légèreté, a permis de quasiment doubler la surface construite sans renfort de structure. Modélisée et équipée de capteurs qui permettent de suivre les mouvements de dalle avant, pendant et après la construction, la structure d’appui existante a fait l’objet d’études approfondies pour s’assurer de la compatibilité du projet avec son environnement. Parmi celles-ci, le CSTB3 a notamment réalisé une étude thermo-mécanique afin d’anticiper le comportement de la dalle et du bâtiment en cas d’incendie de véhicules dans le tunnel du périphérique.
L’ensemble de la structure bois a été préfabriqué en usine et n’a nécessité aucune découpe sur site. La préfabrication a permis de diviser par 8 la rotation des camions en phase chantier et de réduire de moitié la durée du gros œuvre, limitant ainsi grandement les nuisances de chantier. La sécurité de ce dernier a été assurée par une série de mesures spécifiques, parmi lesquelles l’installation d’une casquette de protection au-dessus du périphérique, la création de bornes d’incendie et le contrôle des charges admissibles par la dalle tout au long de son avancement.
Un modèle de construction décarbonée et économe en énergie
La structure bois a été pensée avec une réflexion poussée sur la diminution du métal. Accompagné de matériaux de second œuvre sélectionnés selon leur impact carbone, le bois représente 150 kg/m2 de matériau biosourcé, permettant au bâtiment de stocker plus de 1 770 tonnes de CO2 équivalent. Sur le plan énergétique, l’excellent niveau de perméabilité à l’air de la structure bois, qui est isolée par l’extérieur et par l’intérieur, contribue à la performance du bâtiment. Conjuguée à des systèmes de production énergétique maîtrisant les émissions en phase d’exploitation (chauffage à effet Joule, pompes à chaleur air-eau collectives pour la production d’eau chaude, ventilation double flux), elle permet à Hosta d’atteindre le niveau RT2012 – 32% et Bbio -32%. Construite côté Vanves avec une structure 100% bois autour d’un noyau de circulation en béton, la résidence étudiante Funkia bénéficie des mêmes solutions vertueuses. Chacune des 2 résidences profite également de larges surfaces d’espaces verts favorisant la biodiversité, à travers un jardin de 575 m2 pour Funkia et d’un toit terrasse intégrant une zone d’agriculture urbaine pour Hosta.
L’apport des bois lamellés au sein du projet
Légèreté structurale
Avec une masse volumique à 15 % d’humidité comprise entre 400 et 500 kg/m3, les bois lamellés permettent d’alléger le poids des constructions en surélévation et de limiter le renfort des structures existantes.
Qualité sanitaire
Le seuil d’émission de composés organiques volatils des bois lamellés est inférieur à la classe européenne la plus exigeante, offrant ainsi une garantie de la qualité sanitaire des lieux de vie.
Efficacité constructive
Les ensembles constructifs s’appuyant sur les bois lamellés peuvent faire l’objet d’une grande part de préfabrication, permettant de réduire considérablement la durée et les nuisances de chantier.
En savoir plus
- Sur l’agence Hardel Le Bihan : www.hardel-lebihan.com
- Sur Woodeum : www.woodeum.com